111

Oh, pour l’amour de moi, maudissez donc les dieux
Coupables des méfaits de chacun de mes actes ;
La Fortune à mes jours ne fournit rien de mieux
Que le denier public que l’on quête aux entractes.
De là vient que mon nom porte un sceau que je cache,
Et que ce qui me touche en reste dépravé,
Comme le teinturier garde aux mains une tache :
Ayez pitié de moi, et je serai lavé ;
Alors, en bon patient ne refusant pas l’aide,
Je boirai la potion contre ce qui m’infecte ;
Je ne trouverai pas trop amer le remède,
Ni l’onguent dégoûtant, ni l’injection abjecte.
Ayez pitié de moi : je puis vous garantir
Que cela, cher ami, suffit pour me guérir.
Traduction :J. F. Berroyer

111

O, for my sake do you with Fortune chide,
The guilty goddess of my harmful deeds,
That did not better for my life provide
Than public means which public manners breeds.
Thence comes it that my name receives a brand,
And almost thence my nature is subdu’d
To what it works in, like the dyer’s hand:
Pity me then and wish I were renew’d;
Whilst, like a willing patient, I will drink
Potions of eisel ’gainst my strong infection;
No bitterness that I will bitter think,
Nor double penance, to correct correction.
Pity me then, dear friend, and I assure ye
Even that your pity is enough to cure me.
William Shakespeare