C’est l’hiver ! En attendant de voir fleurir de nouvelles strophes sur ce site un peu en jachère, n’hésitez pas à feuilleter notre catalogue, à récolter les fruits du hasard (peut-être habités par les vers), ou à venir chaque samedi pour cueillir le poème de la semaine. Bonne lecture !

Nature withheld Cassandra in the skies,
For more adornment, a full thousand years;
She took their cream of beauty’s fairest dyes,
And shap’d and tinted her above all Peers:
Meanwhile Love kept her dearly with his wings,
And underneath their shadow fill’d her eyes
With such a richness that the cloudy Kings
Of high Olympus utter’d slavish sighs.
When from the heavens I saw her first descend,
My heart took fire, and only burning pains,
They were my pleasures—they my life’s sad end;
Love pour’d her beauty into my warm veins
. . .
. . .
Traduction :John Keats
Nature ornant Cassandre, qui devoyt
De sa douceur forcer les plus rebelles,
La composa de cent beautez nouvelles,
Que des mille ans en espargne elle avoyt
De tous les biens qu’Amour au Ciel couvoyt,
Comme un tresor cherement sous ses ailles,
Elle enrichit les graces immortelles
De son bel œil qui les dieux emouvoyt.
Du ciel à peine elle estoyt descendue,
Quand je la vi, quand mon ame ésperdue
En devint folle : et d’un si poignant trait,
Amour coula ses beautez en mes veines,
Qu’autres plaisirs je ne sens que mes peines,
Ny autre bien qu’adorer son portrait.
Pierre de Ronsard