C’est l’automne ! En attendant de voir fleurir de nouvelles strophes sur ce site un peu en jachère, n’hésitez pas à feuilleter notre catalogue, à récolter les fruits du hasard (peut-être habités par les vers), ou à venir chaque samedi pour cueillir le poème de la semaine. Bonne lecture !

L’air en beauté, comme la nuit
Limpide et constellée aux cieux,
Elle marche, et le plus beau fruit
D’ombre et d’éclat naît dans ses yeux :
Une lueur douce s’ensuit,
Qu’au jour criard dénient les dieux.

Plus sombre ou de moindre splendeur,
Sa grâce eût presque fait naufrage,
Qui dans sa tresse est la noirceur,
Un rayon blanc sur son visage ;
Si pur est-il que la douceur
Des pensées qu’elle a s’en dégage.

Et sur sa joue, et sur son front,
Baignés de calme et d’éloquence,
Son sourire et son teint diront
Les jours remplis de bienveillance,
L’esprit en paix loin de l’affront,
Le cœur aimant dans l’innocence !
Traduction :J. F. Berroyer
She walks in beauty, like the night
Of cloudless climes and starry skies;
And all that’s best of dark and bright
Meet in her aspect and her eyes:
Thus mellow’d to that tender light
Which heaven to gaudy day denies.

One shade the more, one ray the less,
Had half impaired the nameless grace
Which waves in every raven tress,
Or softly lightens o’er her face;
Where thoughts serenely sweet express
How pure, how dear their dwelling-place.

And on that cheek, and o’er that brow,
So soft, so calm, yet eloquent,
The smiles that win, the tints that glow,
But tell of days in goodness spent,
A mind at peace with all below,
A heart whose love is innocent!
Lord Byron